École publique en Lot-​et-​Garonne : Le naufrage silencieux de nos enfants

École publique en Lot-et-Garonne : Le naufrage silencieux de nos enfants

Nous, parents, enseignant.es et citoyen.nes regroupés au sein du Collectif de défense de l'école publique en Lot-et-Garonne, tirons la sonnette d'alarme. On nous parle de "moyens constants", de "redéploiements", de “baisse démographique” et de "gestion de flux". Mais l'école, ce ne sont pas des flux. Ce sont des vies. Dans nos villages de l'Albret, dans nos quartiers d'Agen ou de Villeneuve, à Marmande, Layrac et partout dans le département, le couperet tombe.

Regardez-les, car demain, ce sera peut-être vos enfants :

-Yanis, 6 ans, et le grand saut dans l'inconnu. À la rentrée, sa classe de CP sera supprimée. Yanis sera "fusionné" dans une classe triple niveau (CP-CE1-CE2). Sa maîtresse devra jongler entre l'apprentissage de la lecture pour les uns et la grammaire pour les autres. Yanis, qui a besoin de calme pour se concentrer, sera noyé dans le bruit permanent de 28 élèves entassés.
-Sarah, 11 ans, et la porte close de l'ULIS. Sarah a un trouble du développement. Elle devrait intégrer un dispositif ULIS (Unité Localisée pour l'Inclusion Scolaire) pour progresser à son rythme. Mais faute de places créées dans le département, Sarah restera en classe "ordinaire", au fond de la salle, sans comprendre ce qui se passe au tableau. Elle n'est pas "incluse", elle est juste présente. Elle s'éteint en silence.
-Tao 8 ans, et les rythmes biologiques de l’enfant. L’année prochaine, il devra se lever 45 minutes plus tôt pour rejoindre son école car celle de son village a fermé. Quelle solution pour ses parents qui doivent conjuguer vie professionnelle et transport scolaire ?

-Soraya et le dilemme pour l’avenir. La spécialité qui l’intéresse au lycée ne sera plus proposée sur l’agenais. Doit-elle renoncer à son projet professionnel ou partir loin de sa famille, en internat ?
-Marc, 55 ans, et le point de rupture. Marc a vu passer des générations de petits Lot-et- Garonnais. Aujourd'hui, il ne peut plus. Il doit gérer les crises d'angoisse des élèves, les dossiers administratifs qui explosent, et l'impossibilité physique d'aider chaque enfant comme il le devrait. Quand Marc tombe malade, il n'est pas remplacé. La classe reste vide. Ses 29 élèves sont répartis dans les autres classes de l’école. Le naufrage continue.
Citoyens du Lot-et-Garonne, parents, grands-parents : l'école publique est en train de devenir une garderie low-cost. On sacrifie la proximité, on sacrifie l'humain, on sacrifie l'avenir de nos enfants sur l'autel de l'austérité. Dans le même temps, les moyens alloués à l’enseignement privé augmentent. Ce sont nos impôts qui financent cette école à deux vitesses.

Pour la 1ère foi sous la Vème République le budget des armées dépasse celui de l’éducation. Une nation qui mise plus sur ses armées que sur sa jeunesse aurait-elle renoncé à son avenir ?

Alors que la baisse démographique aurait pu être l’occasion d’améliorer la prise en charge des élèves, les conditions de travail des enseignants, la sécurité dans les établissements ; le gouvernement a imposé par 49.3 cette casse en règle du service public de l’éducation nationale.Cette année, en raison des élections municipales, les fermetures de classes ne seront annoncées que fin mars alors que les tractations internes ont déjà commencé. Demain, il sera trop tard pour s'indigner. C'est aujourd'hui que nous devons dire STOP !Dans les établissements, dans les communes, partout où c’est possible : retrouvez- vous, discutez-en, interrogez vos élus et ensemble, construisons une mobilisation d’ampleur - y compris par la grève - pour sauver notre école publique.
Collectif de défense de l'école publique en 47 : parents, profs et syndicats mobilisés contre la pénurie organisée de moyens pour exiger une école à la hauteur des besoins de nos enfants